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La chute
[ Humeur de nymphe ] 10 Juillet, 2008 18:22 - (79 lectures)
Au bord du gouffre je m’incline, pour y toiser l’odieux Néant,
Bouche infernale, il me dévore, comme la gueule d’un géant,
Il m’interpelle ; il m’attire, ce vide! que je rejoints incessamment sous peu,
Je le regarde, le teint livide, je veux mourir sous ses doux yeux.
J’ai traversé l’infime brèche, où je craignais de m’égarer.
Je le redoute, mais c’en est fait, je suis la proie de billevesées,
Victime des blasphèmes impies, leurs vaines chimères m’ont fourvoyé,
Je ne suis qu’ombre de moi-même, je me blottis dans le chaos.
Qu’il m’engloutisse toute entière ! Je serai sienne… je le proclame !
Enchaînez-moi dans les Enfers, dénaturée par la Misère,
Je saigne encore, âme écorchée, d’avoir fait don à l’être aimé,
Cette âme damnée qui est la mienne… Je suis perdue, j’ai tout donné.
Et de ses mains, j’étais l’esclave ! Mais ces traîtresses, viles enclaves !
Elles ont rongé ma peau sylphide ! Elles ont détruit le cœur avide !
Les doux moments ont disparu ! Les ai-je rêvé ?! Les ai-je vécu ?!
Mais je m’égare, je ne sais plus…
Elles ont hissé le drapeau noir, ces paumes chaudes, ardents tisons,
Elles entourent ma peau moiré, écrin putride, vélin froissé,
Comme un bourreau elles m’affligent, l’échine courbée, être humiliée,
Garrochez-moi… agonisante… en cette place, affable infante.
Ne reste de cette confession, que quelques vers qu’il faut souffrir,
Ne reste de cette oraison, que quelques bribes évanescentes,
Comme de vives écorchures, au cœur de l’aulne, feuilles amarantes,
Blessée d’aimer, je me retire… et disparais pour me flétrir.
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