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Claustration

 

Les vastes murs sur moi se ferment

comme une main, ils me retiennent

Dans un écrin noir d’anthracite

Etrange cercueil… refus tacite

 

Dans cette étreinte où je suffoque,

Complaintes amères, viles tourmentes,

Je hume la suie qui vient souiller

Mes doigts de nymphe immaculés

Et comme une encre que l’on jette

Elle s’étiole sur le papier

De ma peau blanche, vélin froissé…

 

Quelque chose près de mes oreilles…

Un souffle amer, brise légère

Je ne suis seule… quel est cet air ?

J’entends les murs qui me narrent

Les temps jadis, sombres histoires

Où furent meurtries les âmes chères,

Je crois rêver… c’était hier…

 

Un océan de voix funestes

A mon grand dam je suis l’Alceste,

Vêtue d’une once de satin noir

Elles assourdissent mes vœux d’espoir,

Mise à genoux d’un seul regard,

Je tombe à terre, mais ne fléchis

 

Une cohorte vrombissante

De mille yeux qui me regardent

M’emplissent d’effroi, mais je prends garde

Ils la connaissent et la côtoient,

Celle qui danse devant moi

Pour se pâmer comme une arcane

 

Je suis de l’ombre noire l’infante,

Dans les abysses, elle me tourmente,

Je suis de l’ombre noire l’amante,

Comme un pantin, car je l’amuse,

Décâlissée, elle m’en accuse

 

Montrant du doigt, l’incriminée,

D’être la proie de billevesées,

Je vois mes juges qui me toisent,

De leurs yeux noirs, comme des corbeaux,

Ils ont construit l’infâme tombeau…

 

Sur la pierre froide, les feuilles tombent,

Elles me frôlent en une esquisse,

Et se détournent en un caprice,

Le temps déjà s’est arrêté,

Ma plume s’arrête de danser…

 

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