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Errance furtive au coeur des ombres...
[ Humeur de nymphe ] 25 Novembre, 2007 00:09 - (183 lectures)
(Un petit morceau de musique pour mettre dans l'ambiance nocturne...)
http://www.radioblogclub.fr/open/87042/bethoven/Bethoven%20-%20Moonlight%20Sonata
Une ombre nocturne s’avance en effleurant de ses doigts fins le feuillage noirci des arbres, qui se courbent devant elle… frémissant encore sous la caresse enivrante d’une brise hivernale… Silence dans la forêt solennelle… le temps se fige et disparaît, je ne suis qu’ombre et me complait, dans mes chimères incessantes...
Son pas léger glisse furtivement sur le sol poussiéreux, faisant frémir les feuilles d’automne aux mille parures chatoyantes… elles ont vêtu l’habit funèbre, de leurs couleurs agonisantes, mêlées de l’ambre et du carmin, fines dorures naturelles… dérisoires parures dans ces bois solitaires depuis longtemps abandonnés. Le monde est vaste, mais son silence résonne encore comme un tocsin dans mes oreilles, assourdies las, par le mutisme fracassant. Je n’entends rien dans cette aphasie nocturne et douloureuse… Rien. Pas même la voix du réconfort. Il fait si froid…
La jeune fille qui s’avance semble émaner d’un autre monde, comme sortie tout droit d’un rêve, elle veut se fondre et s’y confondre… pour ne plus en sortir… pour ne plus défaillir… Triste agonie du jour qui tombe… Les bruits de la ville s’éteignent au loin comme un murmure… Disparaître entre les lignes désinvoltes… Figer mes mains dans la terre noire…
J’ai longtemps erré de longues heures, pour trouver ce que je cherchais dans les méandres de la ville froide et nocturne. J’ai vu la misère courber l’échine devant l’Indifférence cupide. Femme froide et glaçante elle montre du doigt les pénitents, sans les sauver du blâme déshonorant.
Où sont les feux… et la lumière ? Cette étincelle que je veux voir ? Je m’avance las, dans le noir, tâtonnant là dans les ténèbres. Venue des Enfers, je poursuivrai ma chute sur le taffetas, la mousseline artificielle de nos illusions diurnes et désabusées. Tout ceci n’est qu’un jeu, une comédie habilement tissée par une avide filandière… il suffirait de nous y faire…
Un pas devant l’autre je m’avance… mon cœur craquelle comme du cristal à chaque secousse vrombissante… les secondes passent… je me demande… Verrais-je le jour aux chaudes lumières ? Les doux foyers, le beau sourire, d’un chaud soleil venant noyer le monde riant…
Je ne vois rien…
Ondine écarte de sa main les feuilles sauvages des genêts, ouvrant les yeux vers le lac aux eaux noires en accalmie. Immobile et placide comme un suaire, les ondes froides se font miroir pour Dame Lune venant mirer ses blancs atours… Je pose un pied sur l’onde noire, mon âme frémit, je suis glacée… enlevant d’une main les artifices duveteux qui m’enveloppent… je laisse aller le vent dans mes cheveux. Fermez les yeux… le temps se fige, l’allumette craque et l’on me voit, je suis la flamme vagabonde, je suis une âme furibonde. Et que les ondes ne me confondent, je quitte les terres, sombres mortels, où vivent les âmes éphémères, pour côtoyer le monde tangible du mensonge… Noir parjure de nos terres maculées d'infamies... Le rêve existe-t-il encore? Touchez le du doigt, il existe déjà.
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1 commentaires pour "Errance furtive au coeur des ombres..."
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