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Poussière d'allumette
[ Humeur de nymphe ] 04 Novembre, 2007 11:44 - (219 lectures)
Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, toute guillerette,
Je suis petite, mince et fluette, dans mes dentelles noires de charbon,
Parfum de suie et de fumée, je viens chauffer les doux marrons,
Dans le foyer comme des bonbons, pour les papilles enfantines,
Je me transforme, âme mutine, en douce flamme singulière,
J’éclaire les muses, les pauvres hères dans le dédale d’un cimetière…
J’illumine las les vieux tableaux, qui prennent vie dans mes jeux d’ombres,
Et je souris délicatement pour égayer l’endroit charmant,
Je viens réchauffer les amants, près du foyer, incessamment,
Je tourbillonne dans les cendres, et l’on me voit, l’on peut m’entendre,
Souffler encore l’étrange soupir, je suis infime, une brindille…
Vêtue de pourpre, scintillant d’or, j’éclaire les yeux, les noires pupilles…
Lorsque le soufre je rencontre, il est grand temps de se confondre,
Flammes et bois au cœur du bal, il m’enflamme, c’en est fatal,
Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, mais je m’entête,
Je veux m’élever dans les airs, et voir le ciel, qui m’est si cher,
Gratte une fois, craque deux fois, l’allumette flambe et l’on me voit,
Fermez les yeux, jetez la flamme, et je rougeoie comme l’oriflamme…
Je suis une onde vagabonde, une chimère furibonde,
Je brille de soie dans mes taffetas, une magicienne que l’on ne voit,
Dans mes tentures de velours, je plisse encore mes yeux de chat,
Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, je disparais,
Entre tes doigts noircis déjà, car j’ai posé le sceau brûlant,
Je viens mourir au cœur des flammes, effleurant mes dentelles suaves,
Et je m’élève dans les ténèbres, poussière d’étoile, je voudrais être…
Délaissant l’or du feu blessant, je deviens pluie, toute en argent,
Poussière d’étoile je voudrais être, je disparais sous le salpêtre,
Souffle une fois, souffle deux fois, au cœur des cendres l’on me voit,
Ferme les yeux, craque une fois, l’allumette flambe et me voilà…
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