1. La chute

     

    Au bord du gouffre je m’incline, pour y toiser l’odieux Néant,

    Bouche infernale, il me dévore, comme la gueule d’un géant,

    Il m’interpelle ; il m’attire, ce vide! que je rejoints incessamment sous peu,

    Je le regarde, le teint livide, je veux mourir sous ses doux yeux.

     

    J’ai traversé l’infime brèche, où je craignais de m’égarer.

    Je le redoute, mais c’en est fait, je suis la proie de billevesées,

    Victime des blasphèmes impies, leurs vaines chimères m’ont fourvoyé,

    Je ne suis qu’ombre de moi-même, je me blottis dans le chaos.

     

    Qu’il m’engloutisse toute entière ! Je serai sienne… je le proclame !

    Enchaînez-moi dans les Enfers, dénaturée par la Misère,

    Je saigne encore, âme écorchée, d’avoir fait don à l’être aimé,

    Cette âme damnée qui est la mienne… Je suis perdue, j’ai tout donné.

     

    Et de ses mains, j’étais l’esclave ! Mais ces traîtresses, viles enclaves !

    Elles ont rongé ma peau sylphide ! Elles ont détruit le cœur avide !

    Les doux moments ont disparu ! Les ai-je rêvé ?! Les ai-je vécu ?!

    Mais je m’égare, je ne sais plus…

     

    Elles ont hissé le drapeau noir, ces paumes chaudes, ardents tisons,

    Elles entourent ma peau moiré, écrin putride, vélin froissé,

    Comme un bourreau elles m’affligent, l’échine courbée, être humiliée,

    Garrochez-moi… agonisante… en cette place, affable infante.

     

    Ne reste de cette confession, que quelques vers qu’il faut souffrir,

    Ne reste de cette oraison, que quelques bribes évanescentes,

    Comme de vives écorchures, au cœur de l’aulne, feuilles amarantes,

    Blessée d’aimer, je me retire… et disparais pour me flétrir.

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  2. Claustration

     

    Les vastes murs sur moi se ferment

    comme une main, ils me retiennent

    Dans un écrin noir d’anthracite

    Etrange cercueil… refus tacite

     

    Dans cette étreinte où je suffoque,

    Complaintes amères, viles tourmentes,

    Je hume la suie qui vient souiller

    Mes doigts de nymphe immaculés

    Et comme une encre que l’on jette

    Elle s’étiole sur le papier

    De ma peau blanche, vélin froissé…

     

    Quelque chose près de mes oreilles…

    Un souffle amer, brise légère

    Je ne suis seule… quel est cet air ?

    J’entends les murs qui me narrent

    Les temps jadis, sombres histoires

    Où furent meurtries les âmes chères,

    Je crois rêver… c’était hier…

     

    Un océan de voix funestes

    A mon grand dam je suis l’Alceste,

    Vêtue d’une once de satin noir

    Elles assourdissent mes vœux d’espoir,

    Mise à genoux d’un seul regard,

    Je tombe à terre, mais ne fléchis

     

    Une cohorte vrombissante

    De mille yeux qui me regardent

    M’emplissent d’effroi, mais je prends garde

    Ils la connaissent et la côtoient,

    Celle qui danse devant moi

    Pour se pâmer comme une arcane

     

    Je suis de l’ombre noire l’infante,

    Dans les abysses, elle me tourmente,

    Je suis de l’ombre noire l’amante,

    Comme un pantin, car je l’amuse,

    Décâlissée, elle m’en accuse

     

    Montrant du doigt, l’incriminée,

    D’être la proie de billevesées,

    Je vois mes juges qui me toisent,

    De leurs yeux noirs, comme des corbeaux,

    Ils ont construit l’infâme tombeau…

     

    Sur la pierre froide, les feuilles tombent,

    Elles me frôlent en une esquisse,

    Et se détournent en un caprice,

    Le temps déjà s’est arrêté,

    Ma plume s’arrête de danser…

     

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  3. Cet instant fugace, qui n'est déjà plus qu'un regret

    (Pour info, j'ai écrit ce texte hier au soir^^...)

    Il se fait tard, mais je crois bien que je dois encore rester éveillée quelque peu car le sommeil tarde à venir ce soir. J’ai pris conscience d’un sentiment que je pensais enfoui au plus profond de mon âme encore enfantine… J’ai ressenti aujourd’hui, une émotion des plus étranges. Très furtive, l’espace d’une infime seconde. Et pourtant, cette émotion était bien là. Comme si elle avait changé quelque chose en moi. Ce qu’on ressent lorsqu’on se réveille un matin et que l’on se dit : "Je suis libre. Je suis libre et peux aller où bon me semble." Rien ne me retient, et pourtant je reste là. Figée dans le mécanisme intemporel de mon quotidien, parce que je sais bien que c’est ce qu’il convient de faire ; ce que tout le monde fait.

    Ces derniers temps je pense avoir laissé de côté quelque chose de précieux et de rare que j’ai peut-être gâché… Infâme supplice… Mais comment savoir ? Et surtout, comment définir ce que je voudrais expliquer. Je suis une âme bien sauvage et mutine, derrière mon clavier, ce qui peut-être, me laisse à penser que je reste pour certains, une sorte d’image inaccessible… Insaisissable Ondine… J’ai réellement le sentiment de ne pouvoir changer, à mes dépends. Peut-être un jour arrêterai-je de courir après ce que je cherche en vain. Si je parvenais seulement à savoir pourquoi, et vers quoi je cours sans cesse ; pour quelles raisons, je lutte de façon inespérée contre le temps qui tourne, encore et encore. Je cours sans cesse après lui, mais ne le rattrape jamais… Il me faut bien en prendre conscience.

    Il m’est arrivé une chose particulière. Je pense avoir agit comme une enfant sauvage ! Etrange, moi qui suis si raisonnable habituellement, je me suis sentie comme une adolescente en fuite cet après-midi… Quelle aventure ! Oui, l’aventure se fait rare ces derniers temps, et moi qui comptait l’entretenir malgré tout : la soif de la découverte et de l’inconnu, l’exaltation du renouveau et le côté pétillant d’un imprévu que l’on croyait impossible. Aujourd’hui tout est tellement basique ; tellement codifié et habituel, que les gens ne savent pas exactement ce qu’est le véritable hasard ; la coïncidence magique ; celle qui crée une sorte d’émotion que l’on n’envisageait pas de connaître et qui nous fait à nouveau ouvrir nos yeux d’enfant. C’est difficile à expliquer. Enigmatique et extrêmement rare. Voilà bien le genre de chose que l’on n’oublie jamais, pour ne l’avoir vécu qu’une seule fois. Ne vous est-il jamais arrivé d’accomplir quelque chose d’extraordinaire, que vous ne pouviez expliquer ? Sur le moment, vous vous sentez enfiévré par le fait d’agir comme un ou une aventurière ; même si après coup, vous vous sentez ridicule, sans bien savoir pourquoi. Je pense que cela provient du fait que nous sommes convaincus qu’il convient de faire et d’agir comme tout le monde le fait, c’est-à-dire comme un petit mouton bien sage… enfin bref…

    Je crois que j’ai vécu un instant magique qui ne se vit peut-être qu’une fois dans une vie… Un instant fugace, insaisissable. J’ai ressenti ce que j’avais déjà éprouvé une seule fois dans ma vie, et que je ne pensais plus ressentir à nouveau. J’ai du mal encore, à définir ce que cela veut dire. Peut-être n’était-ce qu’une illusion? Je regrette déjà cet instant pour l’avoir frôlé, et touché du doigt, mais ce moment n’est maintenant déjà plus qu’un regret, et bientôt il deviendra un vague souvenir pour être oublié à nouveau. Il me fallait témoigner ici, pour être certaine de n’avoir pas rêvé, lorsque je relirai ceci.

    En bref, ce moment m’a fait prendre conscience de la préciosité du temps qui passe. Je veille à y penser chaque jour, mais le quotidien finit toujours par nous rattraper, afin de nous aveugler et de nous mentir sur le temps qui s’écoule indéfiniment, et sur les choses vraiment précieuses que l’on oublie, et que l’on finit par mettre de côté.

    Un jour on finit par perdre son âme de jeunesse pour devenir un petit mouton bien sage. Je dois bien vous l’avouer, je resterai sauvage et ne veux abandonner cette part de magie que je vois quand j’ouvre les yeux chaque matin… Juste pour ne pas me dire : "Que le temps passe… mais quels sont les actes et les petits instants extraordinaires que j’ai vécu ? Où sont-ils ? Qui a volé mon âme rêveuse pour me transformer en âme grise des grandes villes?" Une âme grise, qui n’est pas capable d’exprimer ses rêves, et qui ne pense qu’à des regrets. Non, cela n'arrivera pas.

    Je vais donc conserver précieusement mes envies et mes rêves :

    -Revoir l’océan et plonger mes deux pieds dans le sable fin, en regardant l’horizon.

    -Dessiner une fresque géante à la craie sur le sol, devant les gens de la ville, les mains, et les vêtements tâchés de couleurs comme les artistes, à genoux devant l’humanité pour se fondre dans l’Art.

    -Partir sur un coup de tête et me rendre à l’opéra, pour me cacher dans les coulisses comme une petite souris.

    -Monter sur les planches d’un théâtre pour affronter mille regards et plonger dans l’ivresse de ce « bain de lumière » exaltant.

    -M’enfuir d'une soirée ennuyeuse pour aller voir le ciel et les étoiles, à l’écart des lumières aveuglantes de la ville, qui nous cache le plus beau des spectacles. Peu de gens savent encore regarder le ciel. Ils ont oublié.

    -M’envoler sous la toile d’un parapente et sentir sur mon visage le vent cinglant qui viendrait m’enivrer de liberté.

    -Fouler les terres d’Asie pour connaître l’ivresse du dépaysement.

    -Vivre l’amitié véritable, comme on ne la fait plus…

    -Et l’amour passionné comme on ne le rencontre qu’une seule fois.

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  4. Errance furtive au coeur des ombres...

     

    (Un petit morceau de musique pour mettre dans l'ambiance nocturne...)

    http://www.radioblogclub.fr/open/87042/bethoven/Bethoven%20-%20Moonlight%20Sonata

    Une ombre nocturne s’avance en effleurant de ses doigts fins le feuillage noirci des arbres, qui se courbent devant elle… frémissant encore sous la caresse enivrante d’une brise hivernale… Silence dans la forêt solennelle… le temps se fige et disparaît, je ne suis qu’ombre et me complait, dans mes chimères incessantes...

    Son pas léger glisse furtivement sur le sol poussiéreux, faisant frémir les feuilles d’automne aux mille parures chatoyantes… elles ont vêtu l’habit funèbre, de leurs couleurs agonisantes, mêlées de l’ambre et du carmin, fines dorures naturelles… dérisoires parures dans ces bois solitaires depuis longtemps abandonnés. Le monde est vaste, mais son silence résonne encore comme un tocsin dans mes oreilles, assourdies las, par le mutisme fracassant. Je n’entends rien dans cette aphasie nocturne et douloureuse… Rien. Pas même la voix du réconfort. Il fait si froid…

    La jeune fille qui s’avance semble émaner d’un autre monde, comme sortie tout droit d’un rêve, elle veut se fondre et s’y confondre… pour ne plus en sortir… pour ne plus défaillir… Triste agonie du jour qui tombe… Les bruits de la ville s’éteignent au loin comme un murmure… Disparaître entre les lignes désinvoltes… Figer mes mains dans la terre noire…

    J’ai longtemps erré de longues heures, pour trouver ce que je cherchais dans les méandres de la ville froide et nocturne. J’ai vu la misère courber l’échine devant l’Indifférence cupide. Femme froide et glaçante elle montre du doigt les pénitents, sans les sauver du blâme déshonorant.

    Où sont les feux… et la lumière ? Cette étincelle que je veux voir ? Je m’avance las, dans le noir, tâtonnant là dans les ténèbres. Venue des Enfers, je poursuivrai ma chute sur le taffetas, la mousseline artificielle de nos illusions diurnes et désabusées. Tout ceci n’est qu’un jeu, une comédie habilement tissée par une avide filandière… il suffirait de nous y faire…

    Un pas devant l’autre je m’avance… mon cœur craquelle comme du cristal à chaque secousse vrombissante… les secondes passent… je me demande… Verrais-je le jour aux chaudes lumières ? Les doux foyers, le beau sourire, d’un chaud soleil venant noyer le monde riant…

    Je ne vois rien…

    Ondine écarte de sa main les feuilles sauvages des genêts, ouvrant les yeux vers le lac aux eaux noires en accalmie. Immobile et placide comme un suaire, les ondes froides se font miroir pour Dame Lune venant mirer ses blancs atours… Je pose un pied sur l’onde noire, mon âme frémit, je suis glacée… enlevant d’une main les artifices duveteux qui m’enveloppent… je laisse aller le vent dans mes cheveux. Fermez les yeux… le temps se fige, l’allumette craque et l’on me voit, je suis la flamme vagabonde, je suis une âme furibonde. Et que les ondes ne me confondent, je quitte les terres, sombres mortels, où vivent les âmes éphémères, pour côtoyer le monde tangible du mensonge… Noir parjure de nos terres maculées d'infamies... Le rêve existe-t-il encore? Touchez le du doigt, il existe déjà.

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  5. Poussière d'allumette

     Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, toute guillerette,

    Je suis petite, mince et fluette, dans mes dentelles noires de charbon,

    Parfum de suie et de fumée, je viens chauffer les doux marrons,

    Dans le foyer comme des bonbons, pour les papilles enfantines,

    Je me transforme, âme mutine, en douce flamme singulière,

    J’éclaire les muses, les pauvres hères dans le dédale d’un cimetière…

     

    J’illumine las les vieux tableaux, qui prennent vie dans mes jeux d’ombres,

    Et je souris délicatement pour égayer l’endroit charmant,

    Je viens réchauffer les amants, près du foyer, incessamment,

    Je tourbillonne dans les cendres, et l’on me voit, l’on peut m’entendre,

    Souffler encore l’étrange soupir, je suis infime, une brindille…

    Vêtue de pourpre, scintillant d’or, j’éclaire les yeux, les noires pupilles…

     

    Lorsque le soufre je rencontre, il est grand temps de se confondre,

    Flammes et bois au cœur du bal, il m’enflamme, c’en est fatal,

    Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, mais je m’entête,

    Je veux m’élever dans les airs, et voir le ciel, qui m’est si cher,

    Gratte une fois, craque deux fois, l’allumette flambe et l’on me voit,

    Fermez les yeux, jetez la flamme, et je rougeoie comme l’oriflamme…

     

    Je suis une onde vagabonde, une chimère furibonde,

    Je brille de soie dans mes taffetas, une magicienne que l’on ne voit,

    Dans mes tentures de velours, je plisse encore mes yeux de chat,

    Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, je disparais,

    Entre tes doigts noircis déjà, car j’ai posé le sceau brûlant,

    Je viens mourir au cœur des flammes, effleurant mes dentelles suaves,

    Et je m’élève dans les ténèbres, poussière d’étoile, je voudrais être…

     

    Délaissant l’or du feu blessant, je deviens pluie, toute en argent,

    Poussière d’étoile je voudrais être, je disparais sous le salpêtre,

    Souffle une fois, souffle deux fois, au cœur des cendres l’on me voit,

    Ferme les yeux, craque une fois, l’allumette flambe et me voilà…

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  6. L'infâme supplice...

     

     
    Infâme supplice je m’engouffre, dans un brouillard qui me dévore ;

    Et le vent d’Ouest, cruel complice, me tyrannise non sans remord ;

    Entre les rues je déambule, comme une flamme vacillante,

    Je ne suis qu’ombre passagère, une âme las et délétère,

    Je fuis les maux du quotidien, les billevesées, l’amer chagrin,

    Lui échapper ? Je ne le peux, car il m’enserre entre ses mains,

    Pour m’oppresser dans son étreinte, me tourmenter dans ses contraintes.

     

    Il s’insinue dans mes poumons, je le maudis le doux poison,

    Il touche du doigt mon faible cœur, je le condamne avec horreur,

    Et je regarde le Néant qui me fascine par ses chimères,

    Je plonge mes mains dans l’encre noire pour défaillir entre les lignes,

    Pour fondre encore sur le grimoire, les douces pensées inavouables,

    Que même le sage ne saurait croire… Je me soustrais de son regard,

    Et m’avance las, au cœur des runes, elles m’enlacent, suaires de brume.

     

    Mes yeux je plisse dans le brouillard, mais je n’y vois que le cauchemar,

    Le cherchant las de mes yeux noirs, mon corps s’effrite entre ses doigts,

    Il me condamne sous ses attraits, il ne le sait, je disparais.

    Je suis la nymphe vacillante, je me dérobe des mains errantes,

    Pour m’approcher du bel Icare, qui me meurtrit sans le savoir,

    Je deviens brume dans le miroir, il ne le sait, ne peut le voir…

     

    Ma peau se fige sur la toile, impressionniste je dévoile,

    Quelques secrets, je le confesse, les doux murmures me trahissent ;

    Je suis un souffle entre les pages, je suis la brise familière,

    Qui s’insinue dans les chaumières, je viens chercher la douce lueur

    Au cœur de l’âtre quel bonheur… je viens toucher ton front charmant,

    Par mes chimères comme une enfant ; je ploie toujours, c’en est fatal,

    Pour m’égarer dans le dédale ; laisse-moi m’y perdre dans un souffle…

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  7. Sur les trois mots, ma bouche se tait...

     

     Dans un murmure il me faut dire,

    Ma plume s’esquive, mon âme chavire,

    Devant les flammes aguichantes,

    Témoins de mes pensées errantes,

    Elles seules savent quelle complainte,

    Je leur entonne, mais non sans feinte,

    Je ne suis qu’ombre passagère,

    Je me libère de mes chimères,

    Par quelques rimes, je deviens feu

    Et disparais dans le dédale,

    Où je m’égare, c’en est fatal,

    Pour avouer mes vœux candides…

     

    Je l’imagine, cœur inconstant,

    Mais il l’ignore, à mes dépens,

    Je m’évanouis une seconde,

    Pour disparaître, âme pudibonde,

    Je suis pour lui, cœur sauvage,

    Une âme en peine de passage,

    Il ne le sait, il ne le voit,

    Je préfère las me cacher,

    Au cœur des ombres protectrices

    Qui me surveillent avec délice,

    Me confondant dans les ténèbres,

    Pour dévoiler mes rêves amers…

     

    De ses regards, je suis l’esclave,

    Mais il m’a ceinte de ses entraves,

    Je le revois las, devant moi,

    Le bel Icare qui me meurtrit

    Infâme, cruel, je le maudis,

    D’avoir ainsi fait prisonnière,

    Mon âme avide et libertaire,

    Il a bâti autour de moi, ses murs immenses

    Que je martèle, et dans un geste sempiternel,

    Mes poings je blesse, je ne suis celle…

    C’est pour une autre que ses yeux brillent,

    Je reste las dans le Néant,

    Esclave encore de l’homme charmant…

     

    Ame vacillante comme une flamme,

    Je vois Fortune qui me désarme

    Au gré des vents, l'onde chancelle

    Je m'amenuise, statue de sel

    Fragile goutte aux yeux limpides

    Je disparais, fluage livide

    Victime las du rouet

    Dont je subis les cruautés

    Infâmes supplices et billevesées

    Qui me remplissent mes paumes vides

    Dans le Néant, ses yeux me guident...

     

    Dans les tourments du lendemain

    Je suis son jouet, il me détient

    Il est victime d'amaurose, et ne voit pas, je le suppose

    Dans quels tourments il m'afflige

    Je suis maudite par mon silence,

    Ame farouche je chancelle,

    Je n'ose pas, mon coeur sauvage

    Ne se désarme devant lui,

    Je me contente, effarouchée, de l'observer,

    Ame sacrifiée, par le mutisme assourdissant, 

    Ma bouche ne peut être émissaire,

    Des trois mots doux qu'il me faut taire... 

     

    Je disparais au cœur de l’onde, et le silence ne me confonde,

    Je suis la nymphe tentatrice, et papillonne autour du feu,

    Mes ailes s’embrasent avec délice, dans un sourire à l’agonie,

    Je dis adieu au bel Icare, qui usurpa ma plume factice,

    Pour dévoiler ce qu’il ne sait… Sur les trois mots, ma bouche se tait…

     

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  8. Les sens en éveil

     

    Le goût…

    Dans un humble murmure, devenir brise à chaque mot,

    Qui de ses lèvres se dévoile, pour y mourir tout aussitôt.

    Et de sa bouche être parole, pour y goûter l’exquis nectar,

    Je deviens miel sur ses papilles, et pimentée comme l’épice

    Je le surprends par mes atours, qui le titillent avec malice.

     

    L’ouïe…

    Près de ses oreilles pointues, lui murmurer de belles rimes,

    Qui de ma bouche ne sortent plus, auprès de lui si je m’arrime,

    Je lui conterais maintes chimères, pour effleurer O vent amer,

    Son âme sereine, toute attentive, à la complainte qui me libère,

    Et d’une sobre ritournelle, envoûterais son cœur charnel.

     

    L’odorat…

    Je deviendrais l’exquis jasmin, pour me parer de mille parfums,

    Et pour lui plaire, j’inventerais un tourbillon de mille fragrances,

    Pour l’emporter, comme je le pense, dans les méandres des substances,

    J’enjôlerais ses deux narines, mêlant la myrrhe et le benjoin,

    Pour l’endormir, bel insouciant, dans les effluves du romarin.

     

    La vue…

    Et dans ses doux yeux pétillants, devenir la noire pupille,

    Pour y croiser, sinistre spectre, l’infâme brume du quotidien,

    Je le peindrais de mes couleurs, pour lui montrer d’autres confins,

    Le protéger des vils desseins, Lui dévoiler la douce lumière

    En extirpant le voile terne, qui vient souiller le monde austère.

     

    Le toucher…

    Dans ses deux mains, recueillir l’onde, et la saisir une seconde,

    Je m’évanouis au creux du lac, et deviens souffle dans un geste,

    Qui dans ses paumes fait défaillir, la douce nymphe complaisante,

    Mais de ces jeux tactiles dans l’eau, je me soustrais âme vacillante,

    Insaisissable dans les flots, je me dérobe à ses étreintes…

     

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  9. Fondre ma peau dans les couleurs...

     

     

    Je veux me fondre dans les pages

    Pour devenir suave image

    Je veux saisir le bel onguent

    Pour devenir le doux pigment

     

    Et dans un voile de lumière

    Devenir la toile éphémère

    D’un peintre avide de mystères

    Je rêve ainsi l’humble chimère

     

    Qui de ses mains me fera naître

    Ame picturale, je voudrais être

    Une aquarelle aux douces lueurs

    Impressionniste, chaude couleur…

     

    Comme une larme sur son pinceau

    Je voudrais suivre, mais c’en est trop

    Les douces courbes du dessin

    Pour y mourir dans un écrin

     

    Sentir l’esquisse sur ma peau

    Frémir de peur qu’il en fasse trop

    Gommer les traces impudiques

    Venant souiller le fard tragique

     

    Et le toiser, du chevalet,

    Dans ses doux yeux, sur moi posés

    Je suis sa Muse et il me plaît

    C’est de sa main que je suis née

     

    Je suis l’image aux douces teintes

    Masquée de brume, je suis contrainte

    De ses crayons je suis l’esclave

    Il me libère de mes entraves

     

    Et dans un souffle de magie

    Je ne vis plus qu’à travers lui

    Je suis Madone dans ses rêveries

    Froide couleur, à l’agonie

     

    Ma peau craquelle sous l’acrylique

    Je n’aime plus cet encaustique

    Et dans un rêve de demi-teinte

    Je veux sortir dans une étreinte

     

    Quitter la toile, tendre matière

    Poser mon pied sur cette Terre

    Et regarder l’artiste voir

    Je suis l’image, l’onde du soir…

     

    Fondre ma peau dans les couleurs

    Devenir tout pour n’être rien

    Ame prisonnière entre ses mains

    Je m’évanouis dans un dessin…

     

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  10. Une chimère glacée

    La voûte céleste a revêtu son habit de deuil grisâtre, qui vient ternir l’azur glacé de ses teintes insipides et fanées… L’immense forêt d’Yria endosse négligemment  les couleurs immaculées d’un automne aux feuilles chatoyantes, tandis qu’un unique souffle de vent fait bruire sa complainte funèbre, sur les herbes frémissantes… Las, quelques chardons courbent l’échine sous les notes aériennes de la brise légère et de son doux murmure…

    Un pied diaphane et leste se pose sur l’herbe humide de la plaine. Soudain les secondes se figent comme transies devant la scène qui va suivre… retenant leur cadence effrénée pour s’arrêter devant le tragique tableau, qui déjà se peint de mille couleurs pour dévoiler le vil fardeau…

    Une demi-nymphe à la peau marmoréenne daigne s’avancer sur le tapis végétal qui la reçoit comme un écrin… Elle est vêtue d’une modeste tunique de lin qui vient épouser les courbes de son corps voluptueux, faisant une seconde peau sur sa chair, rafraîchie par les affres de la brise qui déjà se fait hivernale. Ondine regarde droit devant elle de ses yeux bleus glacials, où pointe une étrange lueur diffuse… A chacun de ses pas, la demi-nymphe tressaille sous la fraîcheur de l’herbe baignée par la rosée, qui lui glace la chair et le sang. Elle s’approche solennellement d’une rivière sinueuse, qui a créé devant elle un bassin aquatique pour l’accueillir… La surface de l’eau aux teintes indigo, paraît figée dans une immobilité surnaturelle et apaisante. La demi-elfe poursuit lentement son chemin vers l’onde étrange qui semble l’envoûter par son charme magnétique. Sa tunique légère effleure furtivement la haute végétation qui entoure le paisible bassin, tandis que les roseaux courbent l’échine comme affligés de cette frêle apparition. Mue par la métamorphose de l’instant tragique, la nature elle-même se fait plus silencieuse pour s’émouvoir dans une pesante accalmie. Légère comme une jeune fille spectrale, Ondine s’avance dans l’eau gelée qui s’insinue en elle à l’instar d’une lame effilée… glacée… Les pans de sa longue tunique blanche volettent au cœur de l’onde dans un ballet surnaturel… Le souffle court, la demi-nymphe retient sa respiration, car déjà l'eau monte jusqu'à son cou...

    Elle se redresse soudain pour observer droit devant elle, intriguée par une silhouette inconnue qui semble l’observer avec attention…

     

    Mais si là… Ne voyez-vous pas dans les genêts? Au coeur de la végétation luxuriante qui sied près de la rivière, une ombre masculine se dresse céans pour la toiser d’un regard irradiant. Immobile, il ne la quitte plus des yeux mais reste mu par le silence. La demi-nymphe plonge ses yeux dans les siens pour tenter d’y percevoir quelques secrets… mais en vain. Déjà l’ombre se recule furtivement pour s'évanouir dans la forêt… Ondine aperçoit un visage dissimulé dans les ténèbres, qui se retourne subrepticement vers elle… Mais l’homme étrange poursuit sa route. Déterminée, la demi-nymphe l’observe en train de disparaître, jusqu’à ce que la pénombre se fige à nouveau dans les entrailles de la vaste étendue forestière. Intriguée, la demi-elfe aurait bien voulu savoir… mais déjà ses yeux se ferment, car elle s’engouffre lestement sous les eaux noires, s’évanouissant dans un tourbillon d’écume qui s’immobilise sur ses tourments.

     

    Silence au bord de l’onde… les feuilles frissonnent sous le vent automnal qui vient jouer malicieusement près de la rivière aux teintes sombres…  l’instant magique s’est écoulé… et je vous laisse vous éloigner… dans l’attente d’un prochain voyage au cœur du dédale de mon univers surnaturel.

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  11. S.O.S problème de Bug sur mon Blog !!! Je fais donc un test !!!

    Salut à tous les Yriae^^!!!

    *Ondine observe son PC avec de petits yeux... intriguée qu'elle est par la machine infernale qui s'ébroue dans sa folie mécanique, voyant que l'on veut parler d'elle...*

    Je vous présente mon objet de supplice: C'est un original tracteur doté d'un ancestral moteur à explosion.......... vous voyez la manivelle là? Oui, ben fo que je la tourne toutes les heures sinon la machine ne fonctionne plus............... J'vais te les secouer tes pupuces informatiques MOI!

    *dit-elle à la machine dans un élan.* 

    Bon, trève de plaisanterie... Je suis en proie aux affres de l'informatique et de ses méandres interdimensionnelles. Pourquoi? Je n'en sais rien... Toujours est-il que je voulais prévenir les Yriae... Si vous ne pouvez pas faire de commentaires sur mon blog... et bien c'est parce qu'il s'agit d'un bug... enfin je suppose! Parce que j'ai bien autorisé les commentaires...

    Malgré cela, mon blog a décidé que les lectures et les commentaires seraient bannis de mon univers Mwahahahaha! *rire scpetique*

    Si toutefois un Yriae pouvait apporter la réponse à mon problème, qu'il me contacte par MP! Je serais ravie d'obtenir des informations inconnues de moi, en matière informatique pour m'aider... Même si, ne vous inquiétez pas, je survivrai aisément face à cette difficulté... De toute façon il fallait que je me défoule au sujet de ce problème... d'où mon message ultime de folle détresse !!! Mais heureusement... les demi-nymphes n'abandonnent jamais.........

    *Devant les Yriae abasourdis, Ondine déambule en faisant la pose du triomphe inespéré*

    Je vaincrai! J'y arriverai!

    Au passage... essayez, si vous le pouvez, de mettre un commentaire sur cet article... juste pour voir si ça refonctionne ou pas... (Bah oui quoi! J'ai de l'espoir!) 

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  12. Un souffle de mots

     

     

    Dans un souffle de mots, il me faut peindre les chimères,

    Qui de mon âme prennent couleurs, pour me cacher de mille maux…

    Je veux défier l’infâme Gomorrhe, qui vient se farder d’artifices,

    Pour mieux enjôler l’agnostique, qui ne croit plus depuis longtemps.

     

     Elle s’avance, telle une actrice, venant jouer sa comédie,

    Sa pâle folie revêt les murs et les manteaux de plomb des hommes,

    Pour les duper, folle rêverie, dans les abysses du quotidien ;

    Je vois l’échine recourbée, que mon Fardeau s’est implanté.

      

    Il a fiché, là devant moi, son drapeau noir qui m’asservit,

    Je ne suis qu’ombre passagère, et je m’avance dans le néant;

    Errant au cœur des faux-semblants et des mensonges du cénacle,

    Satisfaisant mon âme coupable, qui apprécie les chants des Muses,

     

     Elles m’aveuglent et m’assourdissent, mais je m’enivre de leurs cantiques,

    Pour oublier l’infâme Gomorrhe, je suivrais donc ses artifices…

    Elle m’a réduite en vile esclave et je m’avance dans les ombres,

    Pour m’engouffrer dans le néant, qui me dévore une seconde.

     

     Enfant de l’eau je trouble l’onde à chaque pas,

    Et je découvre mon reflet dans les eaux pâles et cristallines,

    Qui se transforme incessamment; je vois le masque qui m’échappe,

    Il me dévoile, objet factice, pour révéler mon âme d’enfant.

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  13. Réponse au poème : « Faire revivre les rêves »

     

     
    « Si par hasard une personne pouvant avoir de telles pensées lisait ces quelques vers… » a dit le gnome dans son grand commentaire. « Une personne ? » si fait Maître Gnome, je la vois qui s’avance…

    La demi-nymphe Ondine, qui passait par hasard, découvrit quelques vers qu’il lui plut de revoir… et auxquels, par ma foi, elle voulut bien répondre…

     

    A pas feutrés l’ombre noire s’avance,

    Et ses mots, je le crois, viennent troubler le silence,

    Ses yeux bleus cherchent las dans cette opacité,

    Une flamme ou un feu qui viendrait l’éclairer.

    Ses deux mains, comme aveugles, tâtonnent,

    S’approchant de ces rimes qu’elle entend, qui résonnent…

     

    Ses deux pieds lentement sur le tapis s'avancent,

    Qui est l’ombre qui vient ? pour troubler, je le pense,

    La quiétude du lieu, où le gnome travaille…

    Je le crois c’est une âme qui trouva quelque faille

    Pour se fondre dans l’antre, où le gnome nous livrent

    Mille vers, mille pensées qui soudain nous délivrent…

     

    Ondine arrive doucement sur la pointe des pieds…

    Afin de surprendre Maître Gnome à son atelier.

    Derrière un rideau rouge, une lumière des plus dorée

    Lui laisse supposer que Myrtion s’est attardé…

    Pourtant la Lune est haute et les étoiles le guettent,

    Mais le Gnome, elle le voit, dodeline de la tête…

     

    Fébrilement ses doigts saisissent le rideau,

    Le gnome ne doit me voir, je suis là par hasard,

    Evanouie dans l’ombre, je le guette une seconde

    Maître Gnome est là, il écrit quelques rondeaux...

    J’ai lu ses quelques vers, je suis l’esprit farouche,

    J'ai compris le message de ses rimes qui me touchent...

     

    A travers l’interstice du rideau qui s’entrouvre,

    Elle observe Maître Gnome qui écrit quelques notes,

    Une longue plume noire dans ses mains se repose,

    Maître Gnome réfléchit promptement à sa prose…

    Mais soudain de ses mains, l’encre noire se répand,

    Déversant par son âme, les doux mots obligeants.

     

    A ses mots qu’il insuffle, elle voudrait bien savoir…

    Maître Gnome à ses yeux lui dévoile un espoir.

    Dans la pénombre, elle se souvient d’ores et déjà,

    Que les rêves la guettent, la tourmentent, mais voilà,

    Qu’ils ne sont que chimères, et futiles illusions,

    Que voilà, une bien triste oraison !

     

    Pourquoi ses doigts, qui les frôlent et les touchent,

    Ne peuvent les saisir, les chimères farouches,

    Quand on pense les tenir, elles s’échappent, cruelles !

    Dans leurs danses, elles fabulent, des odes sempiternelles !

    Je ne peux, je le crois, les atteindre céans... 

    Il me faut je le crois, une taille de géant…

     

    A mesure que le gnome les doux mots lui répètent,

    Je le vois, je le crois, la demi-nymphe s'entête...

    Elle se lève céans sur la pointe des pieds,

    Pour saisir à pleines mains, les doux rêves effacés.

    Ses deux mains, les saisissent, elle se bat, elle résiste,

    Je les veux, les aurai... Non! La vie n'est point triste!

     

    Mais les rêves hélas ! elle en a fait déjà,

    Mille pensées, mille devoirs, ils sont bien loin je crois…

    Mais qu’importe, que diantre ! une plume l’a dévoilé :

    Un espoir, je le crois, est venu m'emporter...

    Il est possible, par nos mains, que les choses soient changées... 

    Maintenant je le vois, Fatalité s’en est allée

    Pour disparaître, j’en suis sûre, vers des abîmes oubliés.

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  14. Fuir

     

    Ne vous est-il jamais arrivé de vouloir fuir ? Fuir toutes les futilités qui nous entourent pour vivre plus simplement… Moi quelquefois j’aimerais fuir pour retrouver mon âme d’enfant… J’aimerais tout abandonner pour découvrir une autre terre, sans menace, ni violence, ni misère, un monde où nul ne ressentirait la vile colère.

    Dans l’existence j’aime les choses simples… Eteindre la lumière artificielle qui me brûle les yeux, et allumer les bougies aux douces lueurs ; marcher pieds nus sur le plancher avec nonchalance et sentir le bois brut sous la plante de mes pieds ; rester sous la neige et la voir tomber, sentir les voluptueux flocons rafraîchir mon visage et colorer mes joues; affronter la pluie cinglante en méprisant le vile parapluie, lequel viendrait m’ôter tous les bienfaits de l’eau du ciel… Parcourir un immense champ de blé sac au dos sous les flammes du crépuscule ; marcher des heures en plein été sans savoir quand, ni où m’arrêter, au gré des vents et du hasard…

    N’avez-vous jamais eu envie de fuir ? Pour quitter toutes ces fatuités qui nous entourent, pour vivre une autre vie ?

    N’avez-vous jamais observé la flamme des chandelles danser dans l’obscurité comme une envoûtante gitane qui dirait …viens… ? Elle me toise la lumière vaporeuse et m’invite à danser avec elle dans sa robe de flannelle… Elle tourne et virevolte au son des ritournelles, comme une enfant libre et insouciante… Je la vois qui m’invite la gitane aux yeux de braise… Elle fait tourner les volants de sa robe rougeoyante… elle a le visage doré et la peau brûlée par le soleil… Elle sourit sous les douces lueurs des flammes grandissantes et attrape ma main… Elle brûle mon âme et me donne envie de fuir… Laissez-moi la rejoindre dans les flammes dansantes…

     

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