1. Errance furtive au coeur des ombres...

     

    (Un petit morceau de musique pour mettre dans l'ambiance nocturne...)

    http://www.radioblogclub.fr/open/87042/bethoven/Bethoven%20-%20Moonlight%20Sonata

    Une ombre nocturne s’avance en effleurant de ses doigts fins le feuillage noirci des arbres, qui se courbent devant elle… frémissant encore sous la caresse enivrante d’une brise hivernale… Silence dans la forêt solennelle… le temps se fige et disparaît, je ne suis qu’ombre et me complait, dans mes chimères incessantes...

    Son pas léger glisse furtivement sur le sol poussiéreux, faisant frémir les feuilles d’automne aux mille parures chatoyantes… elles ont vêtu l’habit funèbre, de leurs couleurs agonisantes, mêlées de l’ambre et du carmin, fines dorures naturelles… dérisoires parures dans ces bois solitaires depuis longtemps abandonnés. Le monde est vaste, mais son silence résonne encore comme un tocsin dans mes oreilles, assourdies las, par le mutisme fracassant. Je n’entends rien dans cette aphasie nocturne et douloureuse… Rien. Pas même la voix du réconfort. Il fait si froid…

    La jeune fille qui s’avance semble émaner d’un autre monde, comme sortie tout droit d’un rêve, elle veut se fondre et s’y confondre… pour ne plus en sortir… pour ne plus défaillir… Triste agonie du jour qui tombe… Les bruits de la ville s’éteignent au loin comme un murmure… Disparaître entre les lignes désinvoltes… Figer mes mains dans la terre noire…

    J’ai longtemps erré de longues heures, pour trouver ce que je cherchais dans les méandres de la ville froide et nocturne. J’ai vu la misère courber l’échine devant l’Indifférence cupide. Femme froide et glaçante elle montre du doigt les pénitents, sans les sauver du blâme déshonorant.

    Où sont les feux… et la lumière ? Cette étincelle que je veux voir ? Je m’avance las, dans le noir, tâtonnant là dans les ténèbres. Venue des Enfers, je poursuivrai ma chute sur le taffetas, la mousseline artificielle de nos illusions diurnes et désabusées. Tout ceci n’est qu’un jeu, une comédie habilement tissée par une avide filandière… il suffirait de nous y faire…

    Un pas devant l’autre je m’avance… mon cœur craquelle comme du cristal à chaque secousse vrombissante… les secondes passent… je me demande… Verrais-je le jour aux chaudes lumières ? Les doux foyers, le beau sourire, d’un chaud soleil venant noyer le monde riant…

    Je ne vois rien…

    Ondine écarte de sa main les feuilles sauvages des genêts, ouvrant les yeux vers le lac aux eaux noires en accalmie. Immobile et placide comme un suaire, les ondes froides se font miroir pour Dame Lune venant mirer ses blancs atours… Je pose un pied sur l’onde noire, mon âme frémit, je suis glacée… enlevant d’une main les artifices duveteux qui m’enveloppent… je laisse aller le vent dans mes cheveux. Fermez les yeux… le temps se fige, l’allumette craque et l’on me voit, je suis la flamme vagabonde, je suis une âme furibonde. Et que les ondes ne me confondent, je quitte les terres, sombres mortels, où vivent les âmes éphémères, pour côtoyer le monde tangible du mensonge… Noir parjure de nos terres maculées d'infamies... Le rêve existe-t-il encore? Touchez le du doigt, il existe déjà.

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  2. La demi-nymphe et son baptême de l'air en talons aiguilles...

    Attention les yeux ! La nouvelle Didine est arrivée ! Et ça va chauffer dans les chaumières ! Wink

    *Ondine arrive avec ses mille feuillets poétiques qu’elle projette dans les airs à pleine volée, de ses mains fines et diaphanes de jeune fille aquatique (Quelle vivacité^^ ! Oui oui^^) D’un geste désinvolte et sauvage, la demi-nymphe poursuit son acte avec son habileté naturelle……. Une vraie tempête maritime cette fille-là !^^ (C’est l’cas d’le dire cap’taine !) Laughing*

    Bon… Alors… par où commencer… Allez ! J’en ai assez de la poésie pour ce soir… Pour une fois, je n’ai pas envie de mes gracieuuuuses rimes poétiques, mélancoliques, spleenétiques etc, et etc…

    Ondine regarde d’un air consterné dans les affres de son tiroir aquatique de demi-nymphe à la verve expressive (Qu’est-ce que j’ai pu en écrire des poèmes… vain diou !…)

    Non, non, non… je pense que je vais à présent commencer un superbe journal de bord en vue d’expliquer, de narrer, de raconter… Bref ! … de blablater sur mon existence extraordinaire de demi-nymphe rarissime derrière son clavier. Je veux parler de la seule, la vraie, l’unique, l’incroyable… (*roulement de tambours*)

    *Syndrome des chevilles enflées…*

    Aïeuh ! Embarassed

    Hum ! Je veux bien sûr parler d’Ondine, c’est-à-dire de moi-même, la marionnettiste aux oreilles pointues (si si^^ je vous assure! Elles sont bien pointues mes oreilles! Wink)… Et bah… y’en a sans doute pour la soirée, la nuit, pour des mois, des semaines et peut-être des sièèèècles ! Diantre chers mortels, je crois que ça va po être triste… parce qu’Ondine, c’est MOI ! Moihahahahahaha ! (*Crise de mégalomanie aiguë*)

    Bien ! alors… pour entamer cette première page de mon journal de bord, je vais aborder un sujet follement trépidant que nous connaissons toutes, nous les femmes… mais si, vous voyez de quoi je veux parler… mais si… vous savez bien… Cette course folle dans laquelle il nous arrive quelquefois (Diantre ! Hé oui), de nous lancer avec avidité… à nos risques et périls… Je veux bien évidemment parler du shopping !! Cet événement incroyable qui nous poussent toutes à migrer périodiquement vers les boutiques vestimentaires en tous genre.

    Hé bien moi, pour tout vous dire… je m’habille glamour avec trois fois rien (Normal quand on a un charme légendaire comme le mien ! *chevilles enflées* GLOUPS ! Foot in mouth): Des tuniques légèrement échancrées (j’ai dit « légèrement » ! Je suis farouche ! J’ai dit ! Non mais !), des jeans bleus délavés qui épousent parfaitement mes courbes de jeune fille sauvage (Hé oui…) ainsi que de superbes baskets et chaussures de randonnée… (Je suis la seule à porter ça en ville semble-t-il…). Voilà en général la façon dont je suis revêtue dans mon univers parallèle… simple, sobre, efficace, et un tantinet top-glamour pour rester à la hauteur de mon digne piédestal au cœur de la jungle urbaine……………. Vraiment… un tantinet...

    Mais ce n’est pas tout…

    *Ondine saisit sa loupe légendaire à zoom rétractable alfa numérique pour observer sa garde-robe… lorsque tout à coup ! une infâme mythe, insecte horripilant des placards poussiéreux, s’envole dans les airs devant son nez gracieux de jeune fille sauvage… Innocent La demi-elfe regarde l’horrible insecte poursuivre son ballet aérien jusqu’au plafond, afin de narguer ladite jeune fille impérieuse…..* Hoooou le bougre^^ !

    *Ondine regarde à nouveau les Yriae de son gros œil à la taille décuplée par la loupe alfa numérique*

    Pour tout vous dire, je fais rarement du shopping pour être à la mode… Je dis NON ! Luttons ! contre l’oppression commerciale qui nous pousse à dégarnir notre pauvre porte-monnaie, en vue d’acquérir mille joyaux vestimentaires dans l’espoir de nous mirer follement dans le miroir, et de pétiller dans les yeux de nos soupirants ! Hum !

    *se calme et reprend son sérieux…*

    Bon d’accord j’avoue… je ne résiste guère moi non plus… *rougit* Embarassed

    Par contre, vous pourrez constater que j’arbore à mes pieds fins et graciles, ce style de… heu… chaussures.

     

    Si, si les filles… je porte ceci à mes superbes pieds de nymphe aux yeux de braise……. Et elles sont extrêmement pratiques. Larges, solides, pratiques pour conduire, marcher, courir, nager (si si elles sont amphibies), aller en soirée … (j’ai déjà osé le sacrilège!…), et heu… marcher sur les pieds des goujats trop insistants ! Et Schplaf !

    Aïeuh… Foot in mouth

    Soit ! Mais alors ?! Où est le problème, la difficulté ?! Quelle est l’épine qu’il faut retirer de mon pied ?! Pourquoi cet article ? Pour quelles raisons tant de bruits sur la grand-place arcanienne ? Hé bien c’est simple… Je n’en peux plus de voir ces shoes ENORMES sur mon tapis d’entrée ! Elles sont toujours là !

    *Ondine écarquille les yeux, révulsés d’inquiétude*

    Elles me regardent !

    *Soupir de lassitude*

    Elles me narguent avec leurs lacets usés par la pluie ! dans leurs atours en cuir magnétique qui ont longtemps enveloppé mes tout petits pieds si fins ! si graciles ! si fragiles !

    *Regard consterné face à l’absurdité de sa situation*

    Ca fait des heures, des jours, des… mois… des… années (j’avoue) que je les portent !

    Cette fois ça y est ! J’en ai assez ! C’est la fin ! Je le clame haut et fort ! C’est la fin des shoes de randonnée pour la demi-nymphe aquatique^^ !!!

    *brandit sa banderole de manifestante exaltée*

    Attention les yeux chers Yriae ! Ouvrez vos yeux et vos oreilles !

    *roulement de tambour et trépignement du tocsin*

    Voici le modèle de MA première paire de chaussures à talon… (Hé oui !^^ Mieux vaut tard… que jamais comme on dit^^)

    Observez bien les jantes en alliage chromé et les pare-chocs en cuir véritable! *yeux pétillants* ... ainsi que la complexité d'une telle fabrication pour nos pieds fins et graciles! Si l'on observe bien les talons... on peut voir un léger angle de 15 degrés ouest qui m'a fait prendre conscience de la fragilité de l'équilibre et de la pesanteur, lorsque l'on déambule gracieusement avec de tels objets diaboliquement esthétiques... tout de même... Mouais... BON D'ACCORD! J'avoue! J'aime les chaussures à talons! Mais heu... pas tout le temps quand même^^

    *clin d’œil malicieux*

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  3. Poussière d'allumette

     Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, toute guillerette,

    Je suis petite, mince et fluette, dans mes dentelles noires de charbon,

    Parfum de suie et de fumée, je viens chauffer les doux marrons,

    Dans le foyer comme des bonbons, pour les papilles enfantines,

    Je me transforme, âme mutine, en douce flamme singulière,

    J’éclaire les muses, les pauvres hères dans le dédale d’un cimetière…

     

    J’illumine las les vieux tableaux, qui prennent vie dans mes jeux d’ombres,

    Et je souris délicatement pour égayer l’endroit charmant,

    Je viens réchauffer les amants, près du foyer, incessamment,

    Je tourbillonne dans les cendres, et l’on me voit, l’on peut m’entendre,

    Souffler encore l’étrange soupir, je suis infime, une brindille…

    Vêtue de pourpre, scintillant d’or, j’éclaire les yeux, les noires pupilles…

     

    Lorsque le soufre je rencontre, il est grand temps de se confondre,

    Flammes et bois au cœur du bal, il m’enflamme, c’en est fatal,

    Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, mais je m’entête,

    Je veux m’élever dans les airs, et voir le ciel, qui m’est si cher,

    Gratte une fois, craque deux fois, l’allumette flambe et l’on me voit,

    Fermez les yeux, jetez la flamme, et je rougeoie comme l’oriflamme…

     

    Je suis une onde vagabonde, une chimère furibonde,

    Je brille de soie dans mes taffetas, une magicienne que l’on ne voit,

    Dans mes tentures de velours, je plisse encore mes yeux de chat,

    Je suis une poussière d’allumette, fine et légère, je disparais,

    Entre tes doigts noircis déjà, car j’ai posé le sceau brûlant,

    Je viens mourir au cœur des flammes, effleurant mes dentelles suaves,

    Et je m’élève dans les ténèbres, poussière d’étoile, je voudrais être…

     

    Délaissant l’or du feu blessant, je deviens pluie, toute en argent,

    Poussière d’étoile je voudrais être, je disparais sous le salpêtre,

    Souffle une fois, souffle deux fois, au cœur des cendres l’on me voit,

    Ferme les yeux, craque une fois, l’allumette flambe et me voilà…

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