1. L'infâme supplice...

     

     
    Infâme supplice je m’engouffre, dans un brouillard qui me dévore ;

    Et le vent d’Ouest, cruel complice, me tyrannise non sans remord ;

    Entre les rues je déambule, comme une flamme vacillante,

    Je ne suis qu’ombre passagère, une âme las et délétère,

    Je fuis les maux du quotidien, les billevesées, l’amer chagrin,

    Lui échapper ? Je ne le peux, car il m’enserre entre ses mains,

    Pour m’oppresser dans son étreinte, me tourmenter dans ses contraintes.

     

    Il s’insinue dans mes poumons, je le maudis le doux poison,

    Il touche du doigt mon faible cœur, je le condamne avec horreur,

    Et je regarde le Néant qui me fascine par ses chimères,

    Je plonge mes mains dans l’encre noire pour défaillir entre les lignes,

    Pour fondre encore sur le grimoire, les douces pensées inavouables,

    Que même le sage ne saurait croire… Je me soustrais de son regard,

    Et m’avance las, au cœur des runes, elles m’enlacent, suaires de brume.

     

    Mes yeux je plisse dans le brouillard, mais je n’y vois que le cauchemar,

    Le cherchant las de mes yeux noirs, mon corps s’effrite entre ses doigts,

    Il me condamne sous ses attraits, il ne le sait, je disparais.

    Je suis la nymphe vacillante, je me dérobe des mains errantes,

    Pour m’approcher du bel Icare, qui me meurtrit sans le savoir,

    Je deviens brume dans le miroir, il ne le sait, ne peut le voir…

     

    Ma peau se fige sur la toile, impressionniste je dévoile,

    Quelques secrets, je le confesse, les doux murmures me trahissent ;

    Je suis un souffle entre les pages, je suis la brise familière,

    Qui s’insinue dans les chaumières, je viens chercher la douce lueur

    Au cœur de l’âtre quel bonheur… je viens toucher ton front charmant,

    Par mes chimères comme une enfant ; je ploie toujours, c’en est fatal,

    Pour m’égarer dans le dédale ; laisse-moi m’y perdre dans un souffle…

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  2. Quand une demi-nymphe rencontre Michel Borderie en chair et en os!

     

    Dimanche 14 octobre restera une date historique dans les multiples souvenirs de mon carnet de voyage... Pour quelle raison? Approchez humbles Yriae... Venez prêter l'oreille au récit de l'aventure fantastique qui m'est arrivée par un étrange après-midi d'automne... Silence dans les chaumières... le feu crépite joyeusement dans l'âtre chaleureux, tandis que la demi-nymphe à la verve expressive laisse les mots s'envoler de ses lèvres vermeilles...

    *Ondine, vêtue d'une légère chemise de coton vert kaki (très utile pour se camoufler dans la jungle urbaine^^), et d'un jean bleu venant épouser parfaitement ses courbes de jeune fille sauvage (top glamour...), déambulait d'un pas leste dans les méandres de la grande ville énigmatique... Ce jour-là, les bienfaisants rayons de Solinar daignaient toucher du doigt tout un monde en émoi, tandis que la ville immense s'éveillait à l'instar d'une étrange fourmilière... Une esquisse au coin des lèvres, Ondine poursuit sa route, chaussée de solides chaussures de randonnée... Mais où peut-elle bien se rendre avec son superbe sac à dos bleuâtre d'aventurière intrépide?... Déterminée dans ses gestes, elle rejette ses longs cheveux en arrière, et se rend d'un pas rapide vers le grand salon du livre, qui vient d'ouvrir ses portes aux visiteurs en quête d'évasion épique et imaginaire, dans le dédale des pages à l'encre noire... Intriguée, la demi-elfe ouvre ses yeux bleus sur les stands autour desquels se presse une foule grouillante de monde... ses doigts de nymphe effleurent doucement quelques couvertures d'ouvrages quelque peu intéressants à parcourir... Faisant courir les pages entre ses mains diaphanes, tout en conversant avec leurs auteurs plus énigmatiques les uns que les autres...

    Subjuguée par les conteurs qui racontent quelques histoires fantastiques devant un parterre d'enfants dont les yeux s'écarquillent à chaque mot, Ondine va ça et là, en quête du livre exceptionnel qu'elle recherche sans fin.

    Lorsque soudain! Devant elle... mais si là... ne le voyez-vous pas? Ce stand étrange où se presse un groupe de visiteurs apparemment curieux de voir quelqu'un... ou quelque chose... Certaine de découvrir la perle rare qu'elle convoite avec ardeur dans le dédale du salon littéraire, Ondine parvient à se frayer tant bien que mal un chemin, en vertu de son aura charismatique et légendaire... Quelques sourires par-ci par-là... et le tour est joué... la masse grouillante la laisse passer... Parvenue devant le stand (enfin! ouf...), Ondine ouvre en grand ses yeux pétillants de lumière, et voit le nom de Michel Borderie inscrit sur les ouvrages devant elle... Saisissant lestement une bande dessinée qu'elle parcourt déjà du regard, la demi-nymphe se laisse distraire par le mot "dédicace"... "Dédicace?" se dit-elle... Mais alors... IL est sans doute là aussi... au milieu des bandes dessinées... Ondine lève les yeux, et se retrouve alors nez à nez avec le célèbre illustrateur, humble aventurier aux crayons redoutables dès qu'il effleure le papier... Intimidée, la demi-nymphe ose néanmoins lui demander une dédicace... Que d'émotions, que d'émotions! Ravie par l'accueil amical et chaleureux de son hôte qui daigne l'accueillir au coeur de l'antre de son stand, Ondine en profite pour converser avec l'habile illustrateur, tout en évoquant Arcanes, l'héroïc-fantasy... (bla bla et bla bla... je suis une vraie piplette!^^)... Pendant ce temps, l'héroïne aquatique observe attentivement le portrait de la demi-nymphe se dessiner sous ses yeux...*

    Wahaaaaa!

    *Le regard pétillant de lumière, Ondine s'incline devant la prestance et l'agilité du crayon qui dessine son visage de porcelaine, ainsi que ses longs cheveux noirs... Recueillant la précieuse esquisse et sa dédicace, la demi-nymphe s'en retourne alors lentement chez elle, les yeux collés sur son dessin qui décidément... ne quitte plus son bureau de travail...*

    Cette entrevue magique était je dois le dire, un heureux hasard comme il m'en arrive tant... au détours de mes pérégrinations de demi-nymphe sauvage et farouche... Mais au fait! Vous voulez que je vous dise?!

    *Ondine chuchote en se rapprochant des oreilles des Arcaniens*

    Michel Borderie a les oreilles pointues^^! Comme les elfes! hihi^^

     

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  3. Sur les trois mots, ma bouche se tait...

     

     Dans un murmure il me faut dire,

    Ma plume s’esquive, mon âme chavire,

    Devant les flammes aguichantes,

    Témoins de mes pensées errantes,

    Elles seules savent quelle complainte,

    Je leur entonne, mais non sans feinte,

    Je ne suis qu’ombre passagère,

    Je me libère de mes chimères,

    Par quelques rimes, je deviens feu

    Et disparais dans le dédale,

    Où je m’égare, c’en est fatal,

    Pour avouer mes vœux candides…

     

    Je l’imagine, cœur inconstant,

    Mais il l’ignore, à mes dépens,

    Je m’évanouis une seconde,

    Pour disparaître, âme pudibonde,

    Je suis pour lui, cœur sauvage,

    Une âme en peine de passage,

    Il ne le sait, il ne le voit,

    Je préfère las me cacher,

    Au cœur des ombres protectrices

    Qui me surveillent avec délice,

    Me confondant dans les ténèbres,

    Pour dévoiler mes rêves amers…

     

    De ses regards, je suis l’esclave,

    Mais il m’a ceinte de ses entraves,

    Je le revois las, devant moi,

    Le bel Icare qui me meurtrit

    Infâme, cruel, je le maudis,

    D’avoir ainsi fait prisonnière,

    Mon âme avide et libertaire,

    Il a bâti autour de moi, ses murs immenses

    Que je martèle, et dans un geste sempiternel,

    Mes poings je blesse, je ne suis celle…

    C’est pour une autre que ses yeux brillent,

    Je reste las dans le Néant,

    Esclave encore de l’homme charmant…

     

    Ame vacillante comme une flamme,

    Je vois Fortune qui me désarme

    Au gré des vents, l'onde chancelle

    Je m'amenuise, statue de sel

    Fragile goutte aux yeux limpides

    Je disparais, fluage livide

    Victime las du rouet

    Dont je subis les cruautés

    Infâmes supplices et billevesées

    Qui me remplissent mes paumes vides

    Dans le Néant, ses yeux me guident...

     

    Dans les tourments du lendemain

    Je suis son jouet, il me détient

    Il est victime d'amaurose, et ne voit pas, je le suppose

    Dans quels tourments il m'afflige

    Je suis maudite par mon silence,

    Ame farouche je chancelle,

    Je n'ose pas, mon coeur sauvage

    Ne se désarme devant lui,

    Je me contente, effarouchée, de l'observer,

    Ame sacrifiée, par le mutisme assourdissant, 

    Ma bouche ne peut être émissaire,

    Des trois mots doux qu'il me faut taire... 

     

    Je disparais au cœur de l’onde, et le silence ne me confonde,

    Je suis la nymphe tentatrice, et papillonne autour du feu,

    Mes ailes s’embrasent avec délice, dans un sourire à l’agonie,

    Je dis adieu au bel Icare, qui usurpa ma plume factice,

    Pour dévoiler ce qu’il ne sait… Sur les trois mots, ma bouche se tait…

     

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